Saint-Marcellin : un réseau renforcé pour un quartier jamais construit
de la puissance appelée estimée : c'est ce que représentent à elles seules les deux chaudières bois. Selon l'assistant à maîtrise d'ouvrage (AMO) de la commune, 1,2 à 1,5 MW auraient suffi.
Saint-Marcellin, en Isère, exploite un petit réseau de chaleur communal au bois : 2,8 km, 19 points de livraison, en moyenne 4'465 MWh de chaleur par an entre 2013 et 2017. En 2011, la commune a décidé d'ajouter une petite chaudière bois de 0,56 MW et 800 m de réseau, mis en service en 2012, à côté de la chaudière bois de 2,5 MW installée en 2002 et d'une chaudière gaz d'appoint de 1,8 MW : 4,86 MW installés au total. Selon le maire, ce supplément de puissance était motivé notamment par un projet de ZAC de 250 logements, qui n'a jamais été réalisé.
En 2020, la Chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes a constaté que « L'installation est fortement surdimensionnée depuis les travaux conduits en 2011 » et que la nouvelle chaudière, d'un coût total de 1,485 million d'euros, « s'avère inutile ». Le rendement global de l'installation a oscillé entre 42 % et 57 % de 2013 à 2017, et la puissance souscrite par les abonnés dépassait d'un tiers leur besoin réel, ce qui a renchéri la chaleur pour tous les usagers du réseau.